Par Susan Button au nom du Centenary Committee

Elizabeth Monk
Présidente CFDUM, 1932-1938
Pour mettre en lumière certaines des femmes exceptionnelles qui ont fondé notre club en 1927, j’aimerais commencer par Elizabeth Monk. Je ne saurais mieux rendre hommage à cette femme que ne le fait Catherine Holland Joyce dans l’histoire du club ::
Cette histoire est dédiée avec gratitude à Mlle Elizabeth C. Monk qui, depuis la création du Club et au fil des ans, a, par son courage, sa foi et son dévouement altruiste, veillé à ce que le Club continue à remplir sa fonction au sein de la communauté, conformément à la vision de ses fondatrices.
Elizabeth Monk est née en 1898, à Montréal. Elle a obtenu son baccalauréat ès arts à l’Université McGill en 1919 avec mention très bien et a reçu la médaille d’or du Gouverneur Général. Elle a ensuite obtenu une maîtrise ès arts au Collège Radcliffe, puis a passé un an à Oxford grâce à une bourse de l’I.O.D.E. (Imperial Order Daughters of the Empire/ Ordre impérial des filles de l’Empire). De retour à Montréal, elle a été l’une des premières femmes admises à la faculté de droit de McGill, où elle a obtenu son baccalauréat en droit civil en 1923. Elle a également été la première femme à remporter la médaille d’or de la faculté pour son excellence académique. La loi québécoise ne permettait pas aux femmes d’être admises au barreau et d’exercer le droit dans la province. Margaret Gillett, dans son livre « We Walked Very Warily: A History of Women at McGill », rapporte que lorsqu’une requête a été présentée à la Cour supérieure par Annie Langstaff, qui était mariée mais séparée de son mari, le jugement rendu par le juge Saint Pierre était le suivant :
« … admettre une femme, et plus particulièrement une femme mariée, comme avocate, c’est-à-dire comme personne plaidant des affaires devant les juges et les jurys dans une salle d’audience publique et en présence du public, ne serait rien de moins qu’une atteinte directe à l’ordre public et une infraction manifeste de la loi sur la moralité et la décence publiques. »
Compte tenu de la situation au Québec, Mlle Monk passa en 1934 l’examen du barreau de la Nouvelle-Écosse et fut admise au barreau de cette province.
Ce n’est qu’en 1942 que la loi québécoise a été modifiée et Elizabeth Monk et Suzanne Raymond-Filion sont devenues les premières femmes admises au Barreau du Québec. Tout au long de sa vie adulte, Elizabeth Monk a joué un rôle actif dans la défense des droits des femmes, faisant pression pour que soient modifiées les lois discriminatoires, tant fédérales que provinciales, et agissant à titre de conseillère juridique auprès de la Ligue pour les droits des femmes. En 1940, elle est devenue l’une des premières femmes à obtenir un siège au conseil municipal de Montréal et, en 1955, elle a été nommée Conseillère de la Reine. En 1980, elle a reçu la médaille « Persons » du Gouverneur Général en hommage à sa lutte pour les droits des femmes.
Elizabeth Monk a été présidente de 1932 à 1938 et le Club a eu la chance, pendant ces années difficiles de la Grande Dépression, d’avoir à sa tête une femme dotée d’une formation juridique ainsi que du dévouement de Mlle Monk. Plus tard, en 1960, elle est revenue au Conseil d’Administration et a contribué à négocier la vente du club-house d’origine situé au 3492, rue Peel, ainsi que l’accord avec le club Themis. J’ai eu la chance de la rencontrer en 1978. Je travaillais alors sur le projet « History of McGill » et Mlle Monk est venue s’entretenir avec l’auteur, le Dr Stanley Frost. Elle était grande, avait les cheveux blancs, était très élégante et parlait d’une voix douce.
À l’occasion de la Journée internationale de la femme 2023, la faculté de droit de l’université McGill a annoncé son intention de créer la chaire Elizabeth Carmichael Monk en droit des affaires. Une collecte de fonds est en cours afin de créer cette chaire prestigieuse de manière permanente.
Elizabeth Monk est décédée le 26 décembre 1980. Dans le cadre de son héritage durable, elle a laissé un legs important au Club, à condition que les revenus annuels soient utilisés au profit des membres. Son soutien financier a joué un rôle très important dans la vie du Club.
Ce n’est là qu’un exemple parmi tant d’autres de la façon dont les femmes de Montréal travaillent ensemble depuis longtemps pour améliorer la vie des autres.